Balade en Bulgarie

Plovdiv ©T. Joly
La Bulgarie attire depuis quelques années un nombre sans cesse croissant de touristes européens. Belles plages, stations balnéaires modernes, patrimoine historique et prix modérés expliquent cet engouement.

[ Pratique ]

- Y Aller
Air France et Bulgaria Air proposent des vols réguliers entre Paris et Sofia avec Air France et Bulgaria Air.
Vols charters vers Varna de mai à septembre.
- Formalité
Carte d’identité ou passeport.
- Devise
Le lev, 1 € = 1,95 lev
- Décalage horaire
+ 1 h
- Meilleure période
Mai à fin septembre pour les circuits, juin à mi-septembre pour les séjours balnéaires
- Se déplacer
Il existe des lignes de bus entre toutes les villes Bulgares. Les trains sont lents. Louer une voiture est la meilleure solution pour explorer le pays en profondeur mais en dehors des grands axes les panneaux routiers sont parfois uniquement en cyrillique.
- Bon à savoir
Le coût de la vie est beaucoup moins cher qu’en Europe de l’Ouest, en particulier hors des stations balnéaires.
Ne pas boire l’eau du robinet
- Tour opérateurs
Marsans, Thomas Cook, Look Voyages, Nouvelles Frontières, Fram.
Les prix varient d’un hôtel à l’autre et selon la saison.
Comptez de 500 à 950 € par personne pour 8 jours / 7 nuits dans une station balnéaire en demi-pension, pension complète ou all inclusive et 650 à 1 000 € pour un circuit de 8 jours / 7 nuits en pension complète.
- Informations
www.bulgariatravel.org
A 3 h de vol de l’Hexagone, les 380 km du littoral bulgare de la mer Noire et ses plages de sable blond sont depuis longtemps un lieu de villégiature apprécié. Aujourd’hui des stations balnéaires aux hôtels récents ou rénovés y proposent des prestations d’un excellent rapport qualité – prix.
Trois se trouvent au nord de Varna. La plus grande est les Sables d’Or, une petite ville réputée pour sa longue plage et ses nombreuses animations nocturnes où il y a plus de 100 hôtels.



Albena © T.Joly
 Stations balnéaires
Mais faites attention, il faut en choisir un face à la mer, car sinon vous pouvez vous retrouver avec une chambre avec vue sur un parking ou un immeuble en construction. Plus calme, Albena est un domaine privé qui possède 43 hôtels situés près de la mer, le long d’une belle plage, ou dans un vaste parc boisé. Un endroit très agréable et sûr qui convient parfaitement aux familles, aux seniors ou aux personnes en quête de tranquillité. La dernière est Riviera, un complexe de 5 hôtels situé en face d’une petite plage où toutes les chambres ont vue sur la mer. Au sud de Varna, à mi-chemin de Bourgas, une autre zone balnéaire est en train de se développer près d’Ozbor. Une ville qui pour l’instant conserve encore une atmosphère typique. Ce n’est pas le cas de Sunny Beach, plus au sud, près de Bourgas, où le climat est généralement 2°C plus chud qu’à Varnas. Cette station qui s’étend le long d’une plage de 7 km de long est aujourd’hui uniquement une succession d’hôtels, plus de 100, de restaurants, de bars, de discothèques et de magasins. Un lieu dédié au bronzage et à la fête où la majorité des touristes sont Anglais et Allemands.


Veliko Tarnovo © T.Joly
 Une histoire tumultueuse
Ces séjours peuvent être agrémentés de diverses excursions donnant un aperçu des traditions, du folklore et du patrimoine bulgare. La Bulgarie possède en effet tout pour satisfaire les amateurs de vacances plus culturelles et il est également possible de faire des circuits d’une semaine permettant de découvrir en profondeur son patrimoine historique. Située au carrefour des mondes slaves, européens et musulmans, elle a connu une histoire aussi brillante que tumultueuse. Du 4e millénaire au 6e siècle avant JC s’y est ainsi épanouit l’une des premières grandes civilisations du Vieux Continent. Celle des Thraces dont subsistent plusieurs tombeaux royaux et de remarquables pièces d’orfèvreries conservées entre autres au musée de Varna. Au Moyen-Age, l’empire bulgare rivalisait militairement et artistiquement avec Byzance, puissance illustrée par la puissante forteresse de Veliko Tarnovo.
Telle une sentinelle de pierre, elle veille toujours sur les églises médiévales et les maisons en bois nichées au fond des gorges de la rivière Iantra et sur les crêtes environnantes.



Nessebar © T.Joly
 Un site spectaculaire
Siège d’une importante université, dotée de quartiers modernes tout aussi agréables à vivre, cette ville occupe un site spectaculaire et compte moult bars et restaurants. Cela en fait un lieu de villégiature très apprécié des élites politiques et intellectuelles qui apprécient aussi le charmant petit village-musée d’Arbanassi, situé à ses portes.
Mais ces périodes de gloire ont alterné avec des invasions étrangères, grecques, romaines, byzantines, qui ont elles aussi léguées au pays leur lot de monuments. La petite ville côtière de Nessebar en est le parfait exemple avec ses nombreuses églises byzantines. Des mosquées rappellent également les cinq siècles d’occupation ottomane, entre 1396 et 1878. Hormis le Renouveau National enregistré au début du 19e siècle, ce furent des heures sombres marquées par les persécutions. Au point que l’identité et la culture bulgares ne purent souvent se perpétuer qu’à l’abri des monastères orthodoxes les plus isolés où s’organisait la résistance.



Bachkovo © T.Joly
 Trésor artistique
Ayant depuis la chute du communisme retrouvé leur vocation religieuse, ils constituent l’un des trésors des zones rurales et deux sont à voir absolument : Rila et Bachkovo. Respectivement situés près de Sofia et Plovdiv, ce sont les deux plus importants centres spirituels du pays. Entourés de montagnes, décorés de magnifiques fresques, ils sont bâtis autour d’une église et d’une vaste cour intérieure. Tout autour d’elle se trouvent le réfectoire, les cuisines et les cellules des moines réparties sur plusieurs étages. Si le Rila est le plus imposant, le plus spectaculaire, il est aussi le plus touristique. La ferveur religieuse est plus perceptible à Bachkovo où les pèlerins se pressent pour embrasser une icône miraculeuse de la Vierge. Dans de nombreuses régions se trouvent aussi des villages aux maisons de bois qui n’ont pas changé depuis des siècles et qui constituent de véritables musées à ciel ouvert.


Bulgarie © T.Joly
 Paradis pour l’écotourisme
Peu peuplée en regard de sa superficie, la Bulgarie est en outre un paradis pour l’écotourisme. Randonneurs et vététistes ont le choix entre campagnes bucoliques, forêts profondes et massifs montagneux quadrillés par de multiples sentiers. En hiver, les adeptes de ski alpin ou nordique y trouvent des stations de ski récemment modernisées, comme Borovets ou Bansko. Après l’effort, les pittoresques villages à l’atmosphère paisible sont autant d’occasions de rencontrer les habitants toujours prêts à renseigner les voyageurs désorientés par l’écriture cyrillique. Echanges qui se prolongent parfois autour d’un verre d’eau de vie ou d’une bouteille de vin. A ne pas manquer car les crus bulgares gagnent en qualité depuis que les caves viticoles ont été privatisées. Une évolution commune à toute l’agriculture célèbre pour deux productions, le yaourt et l’essence de roses, ces fleurs trouvant un climat propice à leur épanouissement dans la vallée centrale du pays.


Plovdiv © T.Joly
 Un contraste saisissant
Hormis à Sofia, qui compte quelques exemples d’architecture stalinienne, rares sont les traces du communisme. Les plus visibles sont les complexes industriels d’un autre âge et les banlieues tristes et monotones s’étendant autour des agglomérations. Un contraste saisissant avec les centres villes en pleine mutation de Sofia, Plovdiv ou Varna. Rues piétonnes envahies de magasins et de terrasses de café ou de restaurant, jeunes à l’allure branchée déambulant le téléphone portable à l’oreille, …. Le mode de vie occidental et le consumérisme sont déjà rois !!! Heureusement bulbes dorés des cathédrales orthodoxes et vieux quartiers aux maisons de bois sont là pour rappeler le monde slave.

30 Mai 2011
Thierry Joly 



[ Coup de coeur ]

Ville plusieurs fois millénaire, Plovdiv recèle un théâtre romain en parfait état. Cependant, son principal charme réside dans son vieux quartier dont l’aspect n’a pas changé depuis que Lamartine l’explora avec ravissement en 1833 lors de son « Voyage en Orient ». Blotti sur une colline, sillonné de ruelles pavées, il comprend des dizaines de maisons en bois construites au 19e s lors du Renouveau Bulgare. Toutes parfaitement restaurées, parfois transformées en galeries d’art, elles sont pour certaines ouvertes au public et dévoilent alors de riches et précieux intérieurs.