Renaissance à Bar-le-Duc

Bar-le-Duc © T. Joly
Souvent ignorée par les touristes et donc hors des sentiers battus, Bar-le-Duc possède pourtant un superbe quartier Renaissance. Desservie par le TGV cette ville charmante et tranquille de l’Est de la France accueille également un Festival de qualité et produit une confiture de groseilles unique.

[ Pratique ]

Y aller
- Route
270 km depuis Paris par l ‘autoroute A4 jusqu’à Châlons-en-Champagne, la N44 et la N4 jusqu’à Saint Dizier puis la D 635 jusqu’à Bar-le-Duc.
- Train
TGV de Paris Est à Bar-le-Duc. Le trajet dure environ 1 heure 45 minutes.
Train TER de Paris Est à Bar-le-Duc. La durée du trajet est de 2 heures et 20 minutes.
Se loger
- Hôtels
Etap Hôtel
Hôtel Bertrand
- Chambres d’hôtes
La Goutte de Lait
La Renaissance
Restaurants
La Meuse Gourmande
Auberge du Val d’Ornain
Le Bernanos
Aux Petits Oignons
Se déplacer
Tous les sites peuvent être atteint à pied
Festival Renaissances
Edition 2016 du 1 au 3 juillet
www.festivalrenaissances.com
Confiture de groseilles
A la Lorraine
Tel : 0329790681
www.groseille
Informations
- CDT de la Meuse
Tel : 0329457840
www.tourisme-meuse.com
- Office de Tourisme de Bar-le-Duc
Tel : 0329791113
www.tourisme-barleduc.fr
Il existe des villes qui sont injustement méconnues et Bar-le-Duc est l’une d’entre elles. La préfecture de la Meuse recèle pourtant l’un des plus beaux centres historiques de France. Par contre la ville à, jusqu’à une époque relativement récente, jouit d’une renommée mondiale dans le cercle des gourmets grâce à une spécialité locale créée en 1344 : la confiture de groseilles rouges ou blanches épépinées à la plume d’oie.


Confiture de groseilles © T.Joly
 Caviar de Bar-le-Duc
Épouse du roi de France François II, la reine Marie Stuart la décrivait comme « un rayon des soleil dans un pot ». Quant à Alfred Hitchcock il en raffolait tellement à son petit déjeuner qu’il descendait de préférence dans les hôtels où il pouvait en trouver. Selon les gourmets, l’absence de pépins donne un goût plus doux, moins acide. Mais, imaginez le travail. Il faut prendre les fruits un par un et extraire les pépins avec une plume d’oie taillées en biseau. Les meilleures épépineuses mettent deux heures pour préparer un kilo de groseilles rouges, plus pour les blanches, et les débutantes jusqu’à 15 heures !!! Conséquence, cette confiture aussi appelée « Caviar de Bar-le-Duc » se vend 15 € le pot de 85 grammes pour la rouge et 16 € pour la blanche. Un gros handicap dans le monde concurrentiel dans lequel nous vivons et il ne reste plus aujourd’hui qu’un fabricant. Ne manquez pas d’y faire un tour pour goûter ce délice.


Tour de l'Horloge © T.Joly
 Musée éclectique
Cela constitue un préambule ou une conclusion fort agréable à une visite de Bar-le-Duc où l’on se rend avant tout pour découvrir son remarquable patrimoine architectural Renaissance. En particulier dans la ville haute, située sur un promontoire qui domine la rivière Ornain. Là, s‘élevait jadis le château des Ducs de Bar qui furent pendant des siècles l’une des plus puissantes familles nobles de l’Est de la France. Démantelé sur ordre de Louis XIV, il n’en subsiste qu’une porte d’entrée, la Porte Romane, une tour médiévale, dite Tour de L’Horloge, et le Castel Neuf, bâtiment du 16e siècle qui abrite aujourd’hui le Musée Barrois. Assez éclectique, il retrace l’histoire de la région, recèle un amusant cabinet de curiosités et présente une belle collection de sculptures et de peintures lorraines du 13e au 17e siècle dont les plus belles pièces sont exposées dans une salle gothique, la Salle du Trésor des Chartes. Plus étonnant il compte aussi une salle d’ethnographie avec de superbes pièces asiatiques, africaines et sud américaines pour certaines très rares.


Rue des Ducs de Bar © T.Joly
 Maison aristocratiques
Protégée par les épaisses murailles du château, la ville haute s’est surtout développée du 13e siècle à la fin de la Renaissance. Elle possède donc une unité architecturale exceptionnelle. Les bâtiments anciens sont partout et s’il n’y avait pas de voitures on pourrait aisément se croire transporté dans le temps en parcourant la principale artère, la rue des Ducs de Bar. Elle est en effet bordée d’hôtels particuliers et de maisons aristocratiques aux belles façades en pierres dorées qui sont décorées de statues, de frises et parfois de gargouilles. C’est dans l’une d’entre elles que Georges Bernanos écrivit son premier roman « Sous le Soleil de Satan ». Ces demeures de maîtres comptent souvent une cour intérieure et un logis pour les domestiques. Un envers du décor qu’il est possible d’observer au numéro 75 de cette rue où est exposé un pressoir à vin en bois du 15e siècle aux dimensions impressionnantes : 6 m de haut, 10 m de long pour un poids de 10 tonnes !!!! Il rappelle que dans le passé la région comptait de nombreuses vignes.


Hôtel de Frémainville © T.Joly
 Un monument funéraire frappant
À proximité se trouve le second haut lieu de la ville haute : la place Saint Pierre où se côtoient plusieurs édifices d’époques différentes. Une maison médiévale à colombage parfaitement restaurées, le ravissant Hôtel de Frémainville, datant de la Renaissance, aujourd’hui le palais de justice, et l’église Saint-Etienne, pour l’essentiel de style gothique flamboyant. Ne manquez pas de visiter l’intérieur car elle renferme deux œuvres de Ligier Richier, le plus grand sculpteur lorrain de la Renaissance. Un calvaire représentant le Christ entouré des deux voleurs et le Transi, l’un des plus célèbre et des plus frappants monuments funéraires de France. Érigé en l’honneur d’un prince du 16e siècle, René de Chalon, il représente son squelette en décomposition, trois ans après sa mort, serrant son cœur dans sa main gauche. Une œuvre pour le moins originale qui symboliserait la victoire de la Résurrection.


Ville basse © T.Joly
 Résidences Renaissances
Un autre édifice remarquable, peut-être le plus beau de la ville, est situé juste au pied des anciens remparts. Il s’agit du Collège Gilles de Trèves, un édifice Renaissance du 16e siècle dont la cour intérieure est entourée par une élégante galerie. Montaigne le décrivait comme « la plus belle maison de ville que l’on puisse trouver en France ».
Continuant à descendre, on arrive dans la ville basse, bien plus commerçante et animée, qui s ‘étend de part et d’autre de l’Ornain. Témoignage de cette vocation marchande, les murs portent un grand nombre de peintures publicitaires du milieu du 20e siècle. Un patrimoine original qui mériterait d’être préservé car il disparaît peu à peu lessivé par la pluie. Ce quartier possède lui aussi son lot de monuments dont plusieurs belles résidences Renaissance situées le long de la rue du Bourg, la Préfecture de style Néo Renaissance et l’hôtel particulier qui abrite la Mairie.



Pont Notre Dame © T.Joly
 Pêcher en ville
Les passionnés d’histoire peuvent aller jeter un coup d’œil au château de Marbeaumont. Construit au début du 20e siècle, il hébergea le QG du Maréchal Pétain durant la bataille de Verdun. La célèbre Voie Sacrée servant à l ‘approvisionnement des troupes du front partait en effet de Bar-le-Duc et la première borne est toujours visible. Quant aux amateurs de vélo ils iront voir la petite statue rappelant le souvenir d’Ernest et Pierre Michaud , les inventeurs du vélocipède à pédale. Et, pour simplement se relaxer, faites une promenade le long des berges de l’Ornain. Vous avez une belle vue de ce paysage paisible depuis le charmant pont Notre Dame qui porte une petite chapelle en son milieu. La rivière est si pure que ses eaux cristallines sont peuplées de truites et il n’est pas rare de voir des pêcheurs essayer d’en attraper. Mais seule la pêche no kill est autorisée. Quoi qu’il en soit c’est une vision plutôt insolite dans une ville de cette taille.

23 Avril 2016
Thierry Joly 



[ Festival ]

Chaque année, Bar-le-Duc devient une scène géante à l’occasion du Festival Renaissances. Organisé début juillet, il réunit des compagnies et des groupes de France et de toute l’Europe qui donnent un large éventail de spectacles de théâtre et de cirque de rue.
Tristan et Iseult vu comme si l’on assistait au tournage d’un film, l’opéra Carmen revu par des clowns, des comédiens au look kitsch qui invitent les badauds à venir un par un écouter un conte à l’intérieur d’une caravane….. Au total ce sont une soixantaine de spectacles alliant qualité et originalité qui sont au programme dont une dizaine s’adressant aux enfants et l'édition 2016 se tiendra du 1 au 3 juillet.

www.festivalrenaissances.com