Un balcon sur Paris

Mont Valérien © T.Joly
Dominée par le Mont Valérien, Suresnes possède le plus grand vignoble d’Ile de France ainsi qu’un cimetière américain et une cité-jardin renommée. La ville offre également de beaux points de vue sur la capitale.

[ Pratique ]

Y aller
- Route
5 km de Paris Porte Maillot par l’Allée de Longchamps, le Pont de Suesnes et le boulevard Henri Seillier.
- Train
Train de Paris Saint Lazare à la station Suresnes Mont Valerien située près du cimetière américain et du Mémorial. Le trajet prend 15 minutes.
- Tramway
Tramway de La Défense à la station Suresnes Longchamps station située près du Mont Valérien et de la vigne.
- Bus
Le bus 244 partant de la Porte Maillot passe près de la vigne et traverse la cité-jardin.
Se loger
- Hôtels
Hôtel Campanile
Hôtel Atrium
- Chambre d’hôte
Les Jardins de Camille
Restaurants
Les Jardins de Camille (belle vue)
Au Père Lapin (belle vue)
Le Potager
La Feuille de Vigne
Se déplacer
Tous les sites à distance de marche.
Fête des Vendanges 2010
2 – 3 octobre.
Vigne
4 rue du Pas Saint Maurice.
Fort du Mont Valérien
Ouvert mardi, mercredi et jeudi.
Réservation obligatoire.
Tel : 0141445213
Mémorial de la France Combattante
Place de l’Abbé Frantz Stock.
Visites guidées le dimanche et les jours fériés à 15 h et 16 h 30 du 1er avril au 30 septembre, à 15 h du 1er octobre au 31 mars. Sur demande les autres jours. Fermé le lundi.
Tel : 0147284635
Cimetière américain
190 boulevard Washington.
Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h.
Informations
- Office de tourisme de Suresnes
50 boulevard Henri Seillier.
Tel : 0141181876
- Office de tourisme des Hauts-de-Seine
www.tourisme-hautsdeseine.com
Pouvez-vous vous imaginez marcher au milieu de vignes tout en admirant la Tour Eiffel ?... Non, il ne s’agit pas d’un rêve irréalisable. Il vous suffit d’aller à Suresnes, ville des Hauts-de-Seine située au sud du quartier d’affaires de La Défense en bordure de la Seine et du Bois de Boulogne. Là, sur un coteau faisant face à la capitale, s’étend une vigne de 1 ha, la plus grande d’Ile-de-France et la seule pouvant légalement commercialiser son vin.


Vigne © T.Joly
 Longue tradition viticole
Selon les spécialistes, c’est aussi le meilleur cru de la région. Un blanc minéral et fruité issu d’un assemblage de sauvignon et de chardonnay que vous pouvez acheter à la cave ou à l’office de tourisme au prix de 9,50 € la bouteille. Créé en 1965 et appartenant à la municipalité, ce domaine perpétue une longue tradition viticole. Les premiers ceps ont en effet été plantés par les Romains au 3e siècle et au 15e siècle le chirurgien de l’Hôtel Dieu, l’hôpital parisien situé près de la cathédrale Notre Dame, recommandait à ses malades de boire du vin de Suresnes. Mais le vignoble a peu à peu disparu à partir de la fin du 19e siècle et aujourd’hui il a laissé place à des immeubles résidentiels et de coquets pavillons.
En 1917, l’un des coteaux de la ville a par ailleurs été cédé aux Etats-Unis pour aménager un cimetière militaire. C’est l’un des plus petits des onze cimetières américains créés en France et le seul où reposent des soldats des deux guerres mondiales.



Cimetière américain © T.Joly
 Vue spectaculaire
La plupart des 1500 tombes abritent toutefois des victimes la première ou de l’épidémie de grippe espagnole qui s’est déclenchée juste après. Doté d’une gracieuse chapelle ressemblant à un temple grec et implanté dans un cadre idyllique d’où l’on voit non seulement la Tour Eiffel mais aussi le Sacré Cœur de Montmartre, ce cimetière est un lieu à la fois charmant et émouvant. Aux alentours, deux restaurants offrent la possibilité de jouir de ce panorama tout en déjeunant.
La vue est encore plus spectaculaire à quelques pas de là, depuis le sommet du Mont Valérien qui culmine à 169 m. Dominant la ville et ses environs, il est couronné par un fort construit de 1840 à 1846 pour protéger Paris d’éventuelles invasions anglaises venant de l’Ouest. L’armée y maintient toujours un important centre de transmission, mais il est néanmoins ouvert au public certains jours de la semaine.



Mémorial de la France Combattante © T.Joly
 Prison allemande
À l’intérieur, les visiteurs découvrent un musée dédié à la colombophilie militaire, l’art d’envoyer des messages par des pigeons voyageurs, un puissant canon du 19e siècle, qui pouvait envoyer des obus de 100 kg jusqu’à 9 km, et une belle résidence de style classique destinée aux orphelines de la Légion d’Honneur construite sur ordre de Napoléon 1er. Ce bâtiment a remplacé l’église et le monastère qui occupaient précédemment le sommet et où Thomas Jefferson fit de courtes retraites lorsqu’il était ambassadeur à Paris.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, le fort devint une prison allemande de sinistre réputation où plus de 1 000 résistants et otages furent fusillés. Un monument et une chapelle où ils étaient détenus avant leur exécution perpétuent leur mémoire. Ils se visitent à partir d’un imposant mémorial dédié aux personnes ayant combattu pour la liberté de la France qui se trouve en contrebas, non loin du cimetière américain.



Cité-jardin © T.Joly
 Mixité sociale
Long de 100 m, surmonté d’une Croix de Lorraine, le symbole des Français Libres, il comprend seize hauts reliefs en bronze créés chacun par un artiste différent qui symbolisent les différents théâtres d’opération où sont morts les combattants inhumées dans la crypte. Chaque année, ce monument accueille une importante cérémonie officielle le 18 juin, date de l’appel à la Résistance du général De Gaulle en 1940.
Suresnes est également connu pour sa cité-jardin, un concept de développement urbain en vogue dans les années 20 et 30 qui prônait la mixité sociale et mettait en pratique certaines idées hygiénistes. Elle est l’œuvre du socialiste Henri Seillier, maire de la ville de 1919 à 1941, grande figure de l’urbanisme français et ardent partisan de ce type d’habitat. Situé au sud de la ville, près de l’hippodrome de Saint-Cloud, ce quartier comprend à la fois des immeubles collectifs logeant 4/5 des 10 000 résidents, et des pavillons.



Théâtre Jean Villar © T.Joly
 Théâtre renommé
Comme dans toutes les cités-jardins, une large superficie est réservée aux espaces verts et les équipements publics sont nombreux. Une résidence pour personnes âgées, une crèche, un dispensaire, deux groupes scolaires toujours en activité et l’une des scènes les plus réputées de la région parisienne, le théâtre Jean Villar, à l’origine un centre de loisirs qui offrait des activités culturelles et éducatives à la population. Il y avait en outre un hôtel pour célibataires et des bains douches car au début peu d’appartements disposaient d’une salle de bain. Grâce à des dons privés, une église a également été bâtie, Notre Dame de la Paix, mais elle n’a jamais été achevée et c’est pourquoi elle n’a pas de clocher. Tous les ans, ce quartier est le cadre d’une Fête des Vendanges qui comprend performances de rue et concerts tandis qu'une dégustation du vin est organisée dans la vigne. Si vous vous intéressez à ce genre d’architecture, quelques bâtiments similaires se trouvent dans d’autres quartiers de la ville.


Village anglais © T.Joly
 Village anglais
Le plus remarquable est le lycée Paul Langevin, classé monument historique pour sa piscine et son gymnase. Valant également le détour, l’Ecole en Plein Air a été conçu pour les enfants tuberculeux qui pouvaient profiter au maximum du soleil nécessaire à leur santé grâce à des salles de classe vitrées sur trois côtés et des toits solariums.
Enfin, ne quittez pas la ville sans jeter un coup d’oeil au « Village Anglais », ainsi nommé par les habitants de Suresnes parce que les maisons de ce petit lotissement leur rappelaient l’Angleterre. Construites dans les années 20, elles ont toutes des façades et des toits identiques quoique toutes uniques. Elles se trouvent près des rives de la Seine où s’élevaient jadis plusieurs guinguettes, des lieux populaires où les gens venaient boire et danser. Malheureusement elles ont toutes disparu, remplacées par une route très passante. Si vous voulez vous reposer près du fleuve, il vous suffit de traverser le pont et vous atteindrez le bien plus tranquille Bois de Boulogne.


27 Septembre 2010
Thierry Joly