Saint-Ouen, au-delà des Puces

Château de Saint-Ouen © T.Joly
Pour les touristes, une visite à Saint-Ouen se limite souvent à une ballade dans les Puces, les plus grandes du monde. Mais avec son château royal, son musée dédié au couturier Pierre Cardin et ses artisans d’art, cette ville limitrophe de Paris a bien plus à offrir.

[ Pratique ]

- Y aller
Métro Ligne 13, station Mairie de Saint-Ouen pour le Musée Pierre Cardin et le château.
Métro Ligne 4, station Porte de Clignancourt pour les Puces
- Musée Pierre Cardin
33 boulevard Victor Hugo, 93400 Saint Ouen
Tel : 0149210820
Ouvert mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 14 h à 17 h.
Entrée : 15 €
- Château de Saint Ouen
12 rue Albert Dhalenne
Ouvert du lundi au samedi de 12 h à 18 h.
Fermé pendant les vacances scolaires
- Puces
Ouvertes de samedi de 9 h à 18 h, dimanche de 10 h à 18 h, lundi de 11 h à 17 h.
www.parispuces.com
- Office de Tourisme
30 Avenue Gabriel Péri, 93400 Saint-Ouen
Tel : 0140117636
Point information aux Puces le week-end, 7 impasse Simon, tel : 0158612290
Visites guidées
Visites audio guidées des Puces sur MP3 téléchargeable sur internet

www.st-ouen-tourisme.com
Au début du 20e siècle Saint-Ouen n’était pas encore une ville aussi urbanisée qu’aujourd’hui. De magnifiques peintures marouflées décorant la salle du Conseil et des Mariages de la mairie sont là pour le rappeler. Visibles sur demande, quand la salle n’est pas occupée, ou plus facilement lors des visites organisées par l’Office de Tourisme, elles ont été réalisées en 1917 par Paul Gervais.


Peintures Paul Gervais © T.Joly
 Château Royal
Egalement connu pour avoir décoré le Ministère de l’Agriculture et le plafond du casino de Nice, ce peintre a représenté des scènes montrant la vie quotidienne de Saint-Ouen à cette époque. Ouvriers déchargeant un bateau. Lavandières marchant le long de la Seine. Marché sur la place du village. Course de chevaux sur un hippodrome de nos jours disparu qui se situait près de la Mairie et avait été aménagé dans le parc d’un château royal du 19e siècle. Edifié en 1823 par Louis XVIII pour l’une de ses maîtresses, il est l’un des rares monuments de style Restauration encore visible et s’élève au milieu d’un petit parc agrémenté de sculptures modernes.


Musée Pierre Cardin © T.Joly
 200 modèles de haute couture
C’est également non loin de la Mairie que le célèbre couturier Pierre Cardin a choisi d’installer le musée retraçant sa carrière. Ouvert en novembre 2006, il rassemble 200 vêtements, des modèles de haute couture créés pour les défilés de mode entre 1951 et 2000. « Pierre Cardin continue de travailler, mais comme c’est un musée, il faut laisser s’écouler un peu de temps avant d’exposer les créations », estime Renée Taponier, la directrice du musée. Travaillant toujours dans la maison de couture où elle est entrée à l’âge de 14 ans et a occupé diverses fonctions, c’est elle qui a retrouvé et sélectionné tous les vêtements exposés. « Nous en avons même 800 supplémentaires en réserve car jusque dans les années 70 il y avait 5-6 mannequins prêt à défiler chaque jour dans nos locaux si une cliente le demandait ».


Musée Pierre Cardin © T.Joly
 Collection inestimable
Hormis une salle consacrée aux robes de soirée, la présentation est pour l’essentiel chronologique et permet de suivre l’évolution de la mode et du style de Pierre Cardin. « Son travail traduit ses passions, ses coups de cœur et aussi sa mentalité de chercheur qui l’a conduit à utiliser toutes sortes de matériaux ». Aux robes très classiques de ses débuts succèdent donc des vêtements au style psychédélique ou inspiré de la conquête spatiale, des costumes dessinés pour les athlètes des Jeux Olympiques de Munich, en 1972, des manteaux aux formes géométriques, des jupes en vinyle, des encolures métalliques ressemblant à des pare-chocs de voiture,….
Une collection inestimable parfaitement mise en valeur. Les mannequins portant les modèles ne sont en effet pas uniquement alignés le long des murs. Certains sont également disposés autour de meubles créés par Pierre Cardin dans les années 70 et 80. Enfin, deux petites salles présentent une sélection de chaussures, de chapeaux, de gants, de ceintures et autres accessoires. Avec une curiosité, une ligne d’art ménager portant son nom commercialisée au Japon et comprenant entre autres bouteilles thermos et autocuiseurs.



Puces © T.Joly
 2 500 boutiques
Situées dans une autre partie de la ville, près de la Porte de Clignancourt, les Puces réservent elles aussi leur lot de surprises. Nées au 19e siècle, considérées comme les plus grandes au monde, elles sont en fait constituées de 16 marchés. Certains très anciens, comme Vernaison et Malik, créés en 1920 et 1921, d’autres plus récents tels Malassis et Dauphine ouverts en 1989 et 1991. Par ailleurs chacun à sa spécialité, sa spécificité. Meubles, tapisseries, luminaires et arts de la table haut de gamme pour Biron. L’habillement pour Malik. Peintures anciennes et modernes ainsi que mobilier des 19e et 20e s pour Serpette. Livres et objets de brocante très variés à des prix abordables pour Vernaison et Jules Vallès…. Le labyrinthe d’allées étroites abrite au total 2 500 boutiques ouvertes du samedi au lundi ainsi que quelques bars et restaurants très animés. Chez Louisette où l’on déjeune au son de l’accordéon et des chansons traditionnelles françaises. Le Théâtre –Café Picolo, peut-être le plus ancien, qui en semaine accueille des compagnies théâtrales. La Chope des Puces et le One Way qui proposent des concerts de jazz les samedi et dimanche après-midi. De plus tout autour des Puces sont installés des artisans qui perpétuent des métiers liés à la sauvegarde et à l’entretien d’objets anciens. Tapissier, restaurateurs de tableaux, de phonographes, de bois dorés et de montres anciennes, vernisseur, peintre sur meuble,.. L'Office de Tourisme tient à votre disposition la liste complète et organise de temps à autre des visites chez l’un ou l’autre.

20 Février 2009
Thierry Joly 



[ A voir ]

Aimant la musique et la mécanique, Marie-Claude Steger à su conjuguer ses passions en devenant restauratrice de phonographe. La seule en France et l’une des rares en Europe. « Il n’existe aucun enseignement, aucun livre sur le sujet et j’ai tout appris moi-même, sur le tas, avec le temps, en recherchant les documentations et les catalogues d’époque ». Un travail de fourmi car il existe des centaines de modèles différents. Inventé par Edison en 1877, cet ancêtre de nos MP3 a en effet été fabriqué par des entreprises du monde entier durant son heure de gloire, de 1890 à 1930. Edison aux Etats-Unis, Gramophone et Columbia en Angleterre, Pathé en France,… Des appareils d’abord à pavillon extérieur, les plus recherchés par les collectionneurs, puis en forme de caisse, et enfin de valise transportable. Même diversité pour les enregistrements d’abord sur cylindre en cire, puis sur des disques. « Leur seul point commun de tous les phonographes est qu’ils sont tous mécaniques, l’entraînement se faisant par un ressort que l’on doit remonter à l’aide d’une manivelle. Pour le reste, aucun modèle n’a les mêmes composants que l’autre. Quand je me suis installé, en 1971, j’ai donc du acheter des stocks de pièces détachées ». Voilà pourquoi la boutique de Marie-Claude Steger semble hors du temps et ressemble à une caverne d’Ali Baba. Mais c’est le meilleur endroit pour faire réparer votre phonographe, en acquérir un, ou trouver de vieux enregistrements sur cylindres et disques.
Marie-Claude Steger, 76 avenue Michelet, 93400 Saint-Ouen
Tel : 0140125378

www.phono.org